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Syracuse … des puits à ré-ouvrir !

 In Article de fond

Petit résumé de notre passage à Syracuse.

Acts 28:12. “Nous avons fait escale pendant trois jours à Syracuse”.

Après Malte, nous sommes passés en Sicile. Nous nous sentons un peu comme Paul sur ce tronçon de chemin, à part que nous allons vers Israël… Comme lui nous avons fait une escale de trois jours et trois nuits. Nous en avons profité pour visiter cette ville assez particulière. Tout semble y être mélangé. On y a mis des croix sur toutes sortes de monuments, Grec, Romain, moderne comme ancien… et sur plusieurs synagogues.

Au détour d’une rue, sur l’île d’Ortigia qui ferme la baie de Syracuse, j’ai été interpellé par une corbeille de casques de chantier à l’entrée d’une église. Il s’agit de l’église de la confrérie San Philippe. J’ai d’abord cru à un chantier de restauration, mais on nous a expliqué qu’il s’agissait de visiter les sous-sols de l’église, qui avait servi durant la Seconde Guerre mondiale d’abris durant les bombardements.

Nous avons donc décidé de faire la visite, qui était gratuite, et coiffés de casque blanc de chantier, nous voilà en train de descendre des marches glissantes et humides. Premier niveau : la crypte, où reposent parait-il les familles importantes de la confrérie. Des peintures du 16ème siècle représentant des crâne et os divers… des noms de famille… une odeur de moisie… la guide nous explique dans un anglais approximatif qu’il est écrit : souvenez-vous que nous étions comme vous, et sachez que vous serez bientôt comme nous ! Pas très joyeux tout ça !

Un étage plus bas, à moins 16 mètres sous la rue, un réseau de souterrains humide avec des graffiti qui remonte au bombardement de la Seconde Guerre mondiale. On nous explique les mois de bombardement, les gens qui se terrent, d’autres qui font des graffiti… rien de bien exaltant. Je commence à regretter la visite si ce n’est la température qui est de 10 ° inférieurs à la canicule des rues au-dessus. Bon ce n’est pas grave… On nous informe qu’il y a, 18 mètres plus bas, un autre niveau. Il nous faudra remonter tout ça me dis-je, mais nous sommes jeunes après tout ! Courage !

Et là, je ne suis pas déçu de la descente.

Grâce à ces travaux, les découvertes n’ont pas manqué. La plus éclatante fut celle de la Mikvah ou Mikwek (bain rituel hébraïque).

En vérité, l’église du dessus a simplement englobé une synagogue juive comme le révèlent peu à peu les campagnes de restauration dans cette zone d’Ortigia. Église qui fut, non par hasard, nommée l’église de la communauté des « néo-baptisés ». L’édit espagnol de 1492 obligea la communauté juive eu à choisir entre la conversion forcée au catholicisme ou à la liquidation de leurs biens dans les trois mois suivants leur départ.

Ceux qui restèrent devinrent ces « nouveaux baptisés ».

Jusqu’à l’année de leur expulsion par les souverains espagnols, les juifs constituaient une communauté très importante à Syracuse, comptant un tiers de la population à certains moments, soit des milliers de personnes.

La communauté juive de Syracuse était la plus nombreuse de Sicile après celle de Palerme.

Sa présence était déjà certifiée à l’époque romaine et s’est perpétuée à l’époque byzantine et augmentée pendant la domination arabe avec l’apport des séfarades de l’Afrique du Nord, où de nombreuses tribus berbères s’étaient converties au judaïsme avant l’arrivée de l’Islam.

Cathy et moi avons alors ralenti et laissé les gens remonter vers la surface. Nous sommes restés en bas quelque temps pour prier. Et j’ai ressenti alors une compassion immense pour tous ceux et celles qui furent ainsi victimes de l’aveuglement que procure la religion, quelle qu’elle soit !

Nous avons demandé à Dieu de pardonner pour ce péché, et de restaurer les juifs qui ont souffert de la folie d’Isabelle de Castille. Nous avons prié pour que la ville et l’île libèrent le peuple de Dieu avec tous ces biens pour les laisser repartir vers la terre que Dieu leur a donnée.

Un temps fort de notre voyage en route vers Israël.

Mikaël REALE